Ce matin, je fais une petite grasse matinée bien méritée, deux heures de sommeil en plus au chaud sous la couette, ça ne se refuse pas. Je me lève, déjeune et je me mets au ménage. Je suis en train de faire la vaisselle quand j’entends des coups de klaxon répétés. C’est le facteur qui a osé se garer dans la maison. D’habitude, il reste au niveau de la boite aux lettres, cela me surprend un peu. En fait il venait pour les calendriers (nous sommes le 23 novembre), encore un qui passe tôt.

– lui : je viens pour les calendriers mais je peux repasser si vous voulez.
– moi : (les calendriers ? Pfff !) non non, puisque vous êtes là, entrez.
Il pose son sac sur la table et me laisse choisir …
– lui : il ne fait pas chaud chez vous !
– moi : (j’avais pas remarqué merci) oui nous sommes en travaux (comme si ça ne se voyait pas)
– lui : pourtant vous avez un beau poêle.
– moi : (ah ben oui on a un poêle j’avais pas remarqué) oui mais on n’a pas eu le temps d’acheter du bois.
– lui : les travaux c’est embêtant surtout quand on habite dans la maison
– moi : (Tu l’as dit bouffi, mais le dire ne fait pas avancer le schmilblick) oui mais ça avance peu à peu (restons positif)
– lui : En plus les travaux ça fait de la poussière …
– moi : (quoi ? la maison est sale ?) oui j’ai laissé un peu tomber le ménage (de quoi je me mêle ?)
Tout en parlant je choisis un calendrier. Je laisse de côté les photos de neige, de bébés animaux et de paysages du Lubéron et mon choix se porte sur de vieilles photos d’agriculteurs.
– lui : et puis quand on voit tout ce qu’il faut payer ça revient cher …
– moi : (tu parles Charles) oui c’est ça la rénovation.
– lui : des fois c’est mieux de faire construire …
– moi : c’est un choix, on a des animaux, du terrain (et si on trouvait des gens compétents, pas trop chers et rapidement disponibles, ça avancerait plus vite)
Je lui filé son billet en étant contente de le voir partir. Il était temps, je sentais monter des larmes.

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