La ville me manque, ses facilités, les sorties, les restaurants … Ici il faut tout programmer, même une séance de cinéma devient une expédition qu’il faut minuter avec les animaux et le temps de trajet. Tout ce qui est intéressant passe par Paris ou les grandes villes : les expositions, les spectacles. Depuis que je vis à la campagne j’ai l’impression de passer à côté de tout ce qui donne un peu de sel à la vie de tout les jours, restant cantonnée au rythme maison – boulot – animaux – travaux – jardin.
Alors forcément, pendant cette petite semaine de vacances, j’ai bien profité des commodités de la ville. Métro, spectacles, musées, restaurants, tout y est passé. Quel bonheur de voir un spectacle dans une toute petite salle, être toujours proche de la scène et des artistes, sans avoir des heures d’attentes dans une file interminable.
Nous avons profité des avantages de la grande ville avec tous les plaisirs qui vont avec : bousculades dans le métro, escaliers, marche rapide, billets qui se démagnétisent, mendiants, fausses sourdes muettes, présence de picpockets, marchands de souvenirs, sacs oubliés sur les quais, trains en retard, bruit du trafic la nuit … tout ce qui fait le quotidien des parisiens. Pendant un spectacle, une personne a fait un malaise; dans un musée, une dame s’est cognée le nez contre une vitrine en verre … Il parait que le parisien n’est pas accueillant et pourtant, nous avons toujours été bien reçus, autant dans les restaurants, les salles de musées qu’aux spectacles. Dans le métro, un couple de touristes avec deux jeunes enfants et chargé de valises nous a chaudement remercié quand nous nous sommes mis à plusieurs pour éviter que le sac à dos de la dame ne finisse broyé par la porte qui tentait de se refermer.
On s’habitue très vite à passer une heure entre le RER et le métro, les gens somnolent, lisent ou font des mots fléchés, des femmes se maquillent, chacun gère ce temps comme il peut pour ne pas le perdre.
En rentrant à la maison, nous découvrons quelques toiles mais ce ne sont pas des oeuvres d’art, juste quelques araignées qui ont pris possession des lieux. Nos animaux vont bien, notre “gardien” arrivé juste après nous nous fait un résumé de leurs dernières petites manies. Dans le jardin, les fleurs ont poussé, l’herbe aussi. Les lilas sont en fleurs. Je retrouve la maison pleine de poussière et je constate que les lutins ne sont pas venus finir les travaux pendant notre absence
Ce petit intermède m’a changé les idées. La campagne c’est bien mais à forte dose, c’est oppressant. Mon travail n’est qu’à dix minutes, je peux rentrer chez moi le midi et je peux même y aller en vélo (le soir ça grimpe un peu quand même …). Quelquefois, je me dis que si je travaillais dans une ville proche, je pourrais plus facilement faire les courses et aller dans une salle de sport le midi ou le soir et je me sentirai peut-être moins déconnectée du monde. En attendant j’ai retrouvé de l’énergie pour quelques mois et je vais apprécier le calme de la campagne.