Pour me vider la tête il y a la course à pied. Un autre moyen est le jardinage. Depuis qu’il fait beau je passe beaucoup de temps dans le jardin à préparer le sol. Avec les pluies abondantes, l’herbe a tout envahi et évidemment notre tracteur-tondeuse est en panne. Le coupe-bordure ne veut plus démarrer. En attendant mieux j’ai acheté une tondeuse à main qui me permettra de conserver en bon état les allées du jardin. Une bonne partie de l’herbe est “tondue” par les oies, mais je ne les laisse pas venir vers la maison et le jardin.
Les orties ont commencé à envahir une partie du jardin du côté du champs, j’ai donc commencé par ce côté. Après quelques soirées, le jardin est plus net, mais il reste encore beaucoup à faire. J’ai dédié mon grand composteur aux mauvaises herbes car j’en ai acheté un plus petit en bois qui est bien suffisant. Le grand composteur déborde déjà.
Samedi soir j’ai passé plus de deux heures à arracher les orties et les mauvaises herbes, jusqu’à ce que la pluie commence à tomber. je pensais à une veille dame pour qui cultiver ses légumes était une nécessité et qui allait “retourner à la terre”. Mes souvenirs remontent à la surface, la vieille 2CV, le grand jardin, les expressions comme “tuer la chandelle” ou “prendre la beurouette” (la brouette), le fameux “ça ne pousse pas tout seul !” et toujours une plaisanterie dans sa musette. Puis lors du veuvage “aujourd’hui je suis entourée mais demain il n’y aura plus personne” et la saleté de maladie qui fait perdre la tête petit à petit.
Je voudrais que mon jardin soit beau, rien que pour lui faire plaisir. Je l’imagine, là-haut, rouspéter contre tout cet espace gâché, elle qui a toujours compté le moindre sou. Cette pensée me booste, et à la fin du week end le jardin a déjà une autre allure.
Cela ne change rien, la grande faucheuse est passée et ma grand-mère va pouvoir se reposer près des siens. D’ailleurs la faux est un outils paysan, tout nous ramène à la terre finalement.




